Journal de bord ; 1 L’arrivée
Hola la familia !
Me voilà arrivée ! Tout va bien.
Plus exactement, j’ai posé mon pied sur le sol bolivien hier, aux alentours de 17h30 heure locale, quelque chose comme 00h pour vous, J’ai touché la terre en même temps que le soleil ; splendide. Après, tout est allé très vite et sans aucun problème, 40 minutes après ma descente d’avion j’étais dans ma chambre, ou plutôt dans la douche (je puais !!). J’ai dormi quelque chose comme11h d’affilée, après un total de 38h de voyage. Le plus dur à été à Sao Paulo, ou j’ai poireauté 9h dans un hall de transit minuscule avec un bar ridicule pour acceuillr tous les passagers en transit et affamés... Dur de manger assis avec une table… Des sièges de hall ou je ne pouvais évidemment pas m’allonger… bref j’ai eu le temps de faire tout et n’importe quoi, à commencer par lire, (merci maman pour les revues planète et Politis très intéressantes, ils parlent de IMO dedans !!).
L’hôtel n’avait pas reçu le mail mais ils m’ont pris quand même! C très sympa et propre ; on se croirait en Europe. Ce matin premier déjeuner sola, avec un jus de piña très doux et les odeurs des tropiques plein les narines (cette douce odeur humide et végétale qui me rappelle soudain le Costa Rica !) Je me sens déjà un peu chez moi.
Marmotte a bien veillé sur moi cette nuit ;) et je suis toute reposée pour affronter la ville. Au programme ; office du tourisme, Consulat de France, Internet (ce mail) et téléphone, puis visite de la ville et du musée d’histoire naturelle pour voir toutes les petites bébettes endémiques dans leurs bocaux…mmm…
Voilà Flo en écrivant ce mail je n’ai pas encore lu le tiens donc ne soit pas déçu si je ne l’évoque pas, je t’écrirais un mail plus perso très vite.
Je vous embrasse fort, faite passer le mail à Bastien et Pascale au cas ou,
Bisous,
A bientôt pour le deuxième épisode croustillant d’anecdotes,
Fynn.
Ps : J’ai pleuré un peu dans l’avion qd même, ct la première fois…
Détail marquant du jour : mon passage en avion (interminable !..) au dessus de l’Amazonie : une mer verte ou flotte quelques petits nuages blancs….Puis l’arrivée au dessus du sol bolivien, ou j’ai pu « admirer » le magnifique travail géométrique (Ca ressemblait un peu aux tableaux d’Herrera) de déforestation qui s’étend lui aussi à perte de vue…rectangles parfaitement allignés, quelques petits points blancs ici et là (vaches), et ah, ici des cercles pour changer ! (irrigation avec pivot central)….
Journal de bord ; 2 un Week-end à Santa Cruz…
Que faire lorsque l’on se retrouve seule pour la première fois de sa vie dans un endroit ou l’on ne connaît personne et ou l’on n’a pour ainsi dire rien a faire a part profiter…
Me voilà dans le Parque El Arenal de Santa Cruz, endroit idéal pour lire, écrire, dessiner un peu et s’imprégner de l’ambiance à la fois paisible et bouillonnante des lieux. Sur un air de Rock & roll qui passe en boucle, je regarde les gens qui m’entourent intriguée et heureuse. Je suis en Bolivie, Je suis seule et je réalise que mon arrivée s’est passée d’une manière assez splendide ; aucun pbs !!
Après le parc, direction la Plaza du 24 Septiembre, lieu de vie et de rendez vous de tout Santa-Cruzien qui se respecte. Un endroit ombragé, investi par quelques centaines de pigeons (ici aussi !) ou sont disposé bancs à foisons et table d’échec. Je prends une salade au restaurant Lorca, à l’angle de la place, croquant de-ci de-là un petit rayon de soleil et un grand coup de vent. Les empeñadas de pollos ne sont pas mauvais non plus (petits chaussons fris fourrés au poulet, carottes, petits pois et autres mystères…). C’est sur cette même place que je retrouve un peu plus tard ma fameuse et mystérieuse Couchsurfeuse Carla…
Il est 21h30 sur les marches de la Basílica Menor De San Lorenzo, qd je retrouve Carla la Bolivienne de Santa Cruz et Mathieu son couchsurfeur du moment. Après une bière locale, nous voilà partis dans un bar reggae ou nous retrouvons boliviens et boliviennes, volontaires allemands, voyageurs Français et couchsurfeur américains… C’est la première fois qu’en si peu de temps dans un endroit je rencontre autant de monde !! Que bueno !! C’est ainsi que je fais la connaissance de Fréderic dit PROST un français de 28 ans en voyage en tour du monde, qui a fait escale à Santa Cruz… Après sortie, en boite pour une soirée techno, extra branchouille, néons a Gogo et enceintes saturées, le genre de truc qui me branche pas trop justement, je rentre rapidement (Trois heures du mat).
Samedi 24 Mai 2008,
Les nouveaux copains ne répondent pas, je me décide à me bouger un peu, et prend un taxi pour le biocentro Güembe, à 7 km de la ville. Un petit parc sympa bien que trop touristique a mon goût, mais la volerie et el « mariposario » me remonte un peu le moral… »Ca vale la pena !!
Retour à Santa Cruz, rendez-vous à 19h00 avec ce francais « globetrotteur » au Cafe 24 de la Palza… bien Sympa de trouver quelqu’un a qui piquer quelques conseils de voyageurs, et bien plus encore…Après une heure, voilà mes incertitudes envolées ; moi qui hésitais à partir faire la route du Che, me voilà embarquée dans une aventure avec le french guy ! Nous partons le lendemain à l’aube pour la Paz, direction l’Amazonie et le fleuve Béni… ! 12h + 7h de bus avec un arrêt à Cochabamba pour déposer mes affaires chez la famille Levy qui va m’accueillir pour mes premières semaines. Trois heures de halte, de quoi enfourner un platrée de pasta, pas le temps de prendre une douche malheureusement, et nous voilà reparti pour le « terminal » (gare routière).
Dimanche : qd la mouche du voyage vous pique…
- Hey frédéric ! Y a plus de place côte à côte, j’espère que ton voisin ne puera pas trop !! » Ici les bus laissent certains souvenirs… dans les narines.
Pas moyen de changer les places, les voisins ne sont pas coopératifs, l’une ne veut pas être au fond, l’autre ne veut pas être côté fenêtre… Et pour cause !! il y a des choses essentielles à connaître lorsque l’on voyage en bus en Bolivie : le numéro de la place près des toilettes, le côté du précipice et de ne jamais se mettre côté fenêtre lorsque l’on voyage de nuit entre Cochabamba et la Paz : Dios mio !! Que Frio !! Pas de chance, en plus pour moi, ma fenêtre ne se ferme pas !! Brrrr le froid de la nuit dans l’Altiplano est a vous prendre le souffle de vie !!
6h00, Nous voilà à la Paz, rien d’ouvert a cette heure là pas moyen de trouver un endroit ou se réchauffer… nous trouvons finalement un café en plein ménage, ou nous dégustant avec délectation un Capuccino digne de ce nom…
8h00 Un petit tour à la cathédrale San Francisco histoire de remercier je ne sais qui d’avoir survécu à la nuit, et de trouver encore un peu de chaleur. Puis nous filons trouver des billets d’avion pour Rurrenabaque, petit village de pêcheur de 15 000 habitant que traverse le profond fleuve Beni. Comme presques toutes les villes de Bolivia, la ville est bâtie de manière symétrique, les rues se croisent toutes perpendiculairement et à distance régulière. Vu du ciel on croirait voir une ville du jeu Pharaon. « Entouré de collines verdoyantes, la ville devient superbe au coucher du soleil, quand le ciel prend des teintes orangées et qu’un brouillard épais monte de la rivière pour gagner la jungle dense et humide. (…) La forêt tropicale prend vie, et laisse entendre toutes sortes de bruits, coassements, glapissements, bourdonnements …. » le Lonely a tout dit. Tout ou presque car il ne dit pas que Rurré est aussi la ville des israéliens !! Il n’y a que ça !! Si bien que les enseignes et même les guides des agences touristiques parlent hébreu !! C’est décidé, nous partons pour la Pampas ; trois jours à suivre le cours de la rivière à la rencontre des caïmans, aligators, multiples oiseaux et bien sûr le si célèbre anaconda…
Mercredi 28 mai 2008, plongeon au cœur de la pampas…
Départ 8h00 en jeep, juste le temps de choper nos affaires « propres » à la laverie (mes vêtements n’ont jamais tant pué qu’après ce lavage tropical…)
Nous sommes huit dans la jeep deux français…et des israéliens. L’autre jeep qui nous suit n’a pas tant de diversités…les 4 filles font beaucoup de bruits, les deux garçons restent silencieux. Nous lions vite connaissance. Noam et Charar. Ils ont finis leurs trois ans d’armée, et font le tour de l’Amérique Latine avant de commencer quelque études ou travail. En Israël, les garçons ont trois d’armée obligatoire, les filles deux. Il sont très nombreux ensuite à faire ce voyage, parce que cela ne coûte pas cher, parce qu’il faut bien se détendre un peu et parce qu’il est fun pour beaucoup de dire, j’y suis allé !!
Nos deux copains quibootser (des communautés israëliennes quiboots) sont bien sympathiques et sont, comme nous, désemparés de se retrouver dans un si grand groupe touristique…Nous nous faisons des amis. Après 4 heures de jeep à travers la cerba, nous arrivons à l’embarcadère. Notre meilleure amie pour les trois jours à venir, une pirogue qui prend l’eau…C’est parti ! Un aligator tous les dix mètres, des centaines d’oiseaux dont le magnifique ….. les fameux…..parfois un ou deux caïman. La vision de cette nature m’enchante, bizarrement je n’ai pas peur, je plonge même mes doigts dans l’eau chaude, pourtant remplie de pirañas…trois heures de pirogue, nous arrivons au camps, quelques barraques sur pilotis, moustiquaires aux fenêtres sous les grands arbres de la forêt. Le camps à des airs de terres conquise mais cela ne me déplait pas, j’écoute les bruits de la jungle monter tandis que le soleil sombre, et observe non sans béatitude les dizaines de petits singes jaunes qui descendent à notre rencontre. Une douche au compte goutte ou je ne compte pas les moustiques et un dîner plus tard, je suis dans mon lit, enfin un espèce de matelas grisâtre et moisissant, qui ressemble beaucoup a ce que j’ai eu comme couche au Costa-Rica pendant 3 mois…
Deuxième jour : départ pour une chasse à l’anaconda
Bottes au pied et répélient partout ailleurs, nous décollons vers 9h00 pour une marche dans la pampa à la recherche du géant et puant anaconda. Qui a dit marche, doit savoir ce qu’est une marche dans la Pampa cad se qui se cache derrière le mot Pampa… La pampa, c’est la plaine à la lisière de la Forêt, écosystème de l’anaconda. Mais ou vit l’anaconda ? Dans la Vase, Dans les marais, dans les eaux sombres des hauts joncs qui tapissent la plaine…La marche et dure, la boue arrache les bottes, il faut lever les genoux à chaque pas, l’air est saturé d’humidité avec une chaleur qui écrase les poumons. Impossible de ne pas mettre de répélient, les moustiques sont partout. Tant pis pour l’anaconda, de toute façon je n’y toucherais pas (les répélients peuvent tuer l’anaconda au simple contact car il respire par la peau). Je souffre en silence (J’ai pas payé 50$ pour me plaindre qd même !!).
Un peu de terre sèche, un point d’eau à l’ombre, que bueno ! Je découvre alors le rêve de tout botaniste : des arbres immenses coiffés de milles plantes épiphytes ! Les mêmes que je luttais à faire survivre à la maison, elles poussent ici comme du lierre sur les troncs !! Sans commentaires, il faut le voir pour le croire.
14 heures :
Retour à la pirogue. Pas d’anaconda mais nous aurons vu le cobra. Un peu déçu mais contente de rentrer au camp ; la chaleur du marais m’arrache mes dernières bribes d’énergie.
Après un repas copieux et un peu de repos dans les nombreux hamacs qui entourent le camp, nous reprenons la pirogue pour aller pêcher…le piraña !
Entre temps je teste la feuille de Coca, que les guides nous offrent gentiment en aventure initiatique. C’est amer, c’est vert, et ça endort la joue et la langue comme chez le dentiste, mais peu de risques côté nocivité, il faut 1 tonne de feuilles de coca pour faire un kilo de Cocaïne…
Bon et la pêche au piraña alors ?....